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Jeudi 27 décembre 4 27 /12 /Déc 22:39


Du temps où la RTM démarrait ses programmes à 18h, je garde le souvenir de plusieurs femmes qui ont marqué mon enfance et mon adolescence…
Aujourd’hui l’une d’entre elles s’est éteinte. Non. On l’a assassiné !
Je ne la connaissais pas, mais je me rappelle avoir imité son look plusieurs fois devant mon miroir. Pour moi elle était la présidente du Pakistan, elle était une dame forte, déterminée, belle et influente…
J’avais 10 ou 11 ans, et je la regardais quotidiennement aux news…
Aujourd’hui, ils ont décidé de la tuer parce qu’elle était une dame d’exception, parce qu’elle était différente et parce qu’elle aimait son pays.
Benazir Bhutto n’est plus, mais au fond de ma mémoire, je garderai les expressions de son visage déterminé et je l’admirerai toujours pour son courage.
J’ai envie de la pleurer mais je me retiens, comme une enfant qui aura honte de voir ses larmes couler…

Par Manal - Publié dans : Divers
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Mercredi 12 décembre 3 12 /12 /Déc 12:32

Il est 22:00, nous venons de finir de dîner. Je décide – enfin- d’acheter un appareil photo, j’attendais justement cette offre bidon pour me donner l’impression que j’ai fait un good deal !!
On sort du grand centre commercial en plein cœur de Beyrouth, pas de taxi à l’horizon. On se met sur un banc.
On décide de marcher. Il est déjà 23 :00. Là où on habite est ASSEZ loin de là où on est et pourtant on s’en fout…
On marche sans trop savoir où on met nos pas, on rigole, on parle de nos cours, du stress, des vacances, de nos pays respectifs, de nos langues.
Les rues sont désertes, que des voitures qui roulent à plus de 100 Km par heure…
Après quelques kilomètres de marche – moi avec des talons s’il vous plait !- on se retrouve au down town mais pas du côté des magasins, plutôt de celui des tentes…
Des check points par ci par là. On se regarde un peu, on se demande ce qu’on fait là sans se le dire puis on décide de continuer à marcher …
Des ponts, trois ou quatre, lequel choisir ? On est les seuls à marcher. Les rues ont cédé la place à de grandes avenues, impossible de se trouver un bout de trottoir. Et pourtant, on continue…
Arrivés à un croisement, on se regarde et on se tape un grand fou rire. Qui aurait dit qu’on oserait marcher tous ces kilomètres à Beyrouth à une heure si tardive !
D’une rue à l’autre, puis d’une ruelle à l’autre, on arrive enfin à destination. On s’achète un cocktail de fruits bien frais et on continue notre séance de papotage sur le premier banc trouvé !! Le chemin était fatigant, mais on aime bien marcher tous les deux, donc c’était amusant. (Demandez à mehdi7, il en sait quelque chose :p).
Ce matin, le téléphone de ma chambre sonne. « t’es au courant, une voiture a explosé ce matin, un général et d’autres personnes avec lui sont morts »
Retour à la réalité. Nous sommes bien à Beyrouth.

 

C’est le deuxième incident depuis mon arrivée. Paradoxalement, je ne sais pas si j’aurais pu marcher à 23 :00 de Rabat ville à Hay Riad par exemple – pour ceux qui connaissent Rabat, c’était à peu près la même distance- comme j’ai marché hier soir à Beyrouth…
Cette ville est étrange, elle arrive à procurer un sentiment de sécurité malgré tout ce qui s’y passe. Et si c’était à refaire, je remarcherai la même distance ou même plus…

N.B : Je suis désolée de m’avoir absentée, il s’est passé plein de trucs depuis mon dernier post, je voulais en parler mais pas eu le temps…

 

Par Manal - Publié dans : Ma vie au Liban
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Lundi 26 novembre 1 26 /11 /Nov 07:00

Source photo: Annahar.

Je ne me suis jamais imaginée vivre dans un pays sans président ! Et pourtant, depuis Vendredi soir à minuit, le Liban est sans président après la fin du mandat de Emile Lahoud.
La vie continue avec beaucoup d’appréhensions, personne ne peut prédire comment la situation pourrait évoluer.
Paradoxalement, je reste zen et je bosse pour mes examens comme une étudiante lambda dans un pays epsilon qui ne vit pas sous le joug du chaos politique…
Observons et espérons…

Bon début de semaine à vous tous…

Deux petites pensées matinales:

@ Tanger pour l’expo 2012 !!!
@ux familles des victimes de l’accident d’autocar sur la route de Ouarzzazate, marre de se réveiller sur des accidents de la route !!!

 

 


Par Manal - Publié dans : Ma vie au Liban
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Vendredi 23 novembre 5 23 /11 /Nov 14:08
 



En parcourant maroc-blogs, le titre d’un post a attiré mon attention : Je continuerai à m’exprimer en Amazigh au parlement !
Je clique sur le lien et là je tombe sur une interview avec un député, qui apparemment a posé une question en amazigh au lieu de la poser en arabe, cela a suscité beaucoup de réactions…
Il s’agit de Monsieur Mohamed Oumouloud, député de la région Agadir-Inzegan, qui voulant fidèlement représenter tous ceux qui lui ont donné leurs voix, a préféré utiliser leur langue pour poser leur question !! Rappelons que Mr Oumouloud parle arabe et l’a toujours utilisé pour poser les autres questions.
La réponse au pourquoi semble très innocente, « il est de mon devoir d’utiliser l’amazigh » « l’arabe classique est la langue officielle du Maroc et non pas la darija » « c’est mon identité et celle de la population qui m’a élu » « Je vais continuer à lutter pour la langue de mes racines et de ma région » « Cela fait des années que nous souffrons de l’exclusion et de l’humiliation »
C’est quoi le but ? Est-ce que le parlement est un endroit pour montrer sa différence ou est ce un endroit pour transmettre la voix des gens ! là je dis bien voix au sens figuré ! à quoi bon poser une question dans une langue que personne ne comprend, certainement pas avoir une réponse à sa question, mais plutôt pour faire de la provocation !

 

 

J’ai observé toutes ces années de débat linguistico-ethnique avec un œil neutre, c’est bien de promouvoir son identité, de défendre ses racines, mais c’est pas bien de les imposer aux autres…si les amazighs veulent préserver leur langue, qu’ils continuent à le faire, mais moi, si j’étais celui qui devrait répondre à la question du député j’aurais répondu innocemment : désolée, mais je ne comprends pas votre langue !!
et tout bloquera à ce niveau, tous nos problèmes convergeront vers ce débat, complètement stérile. Nos différences sont une richesse, moi-même j’ai fait de mon mieux pour apprendre l’amazigh pour pouvoir communiquer avec les malades, les comprendre et mieux les traiter. La langue est un outil pour mieux communiquer, pour mieux se faire comprendre. La langue ne devrait pas être une barrière, je pense que le Maroc a encore beaucoup de problèmes à dépasser, alors pas besoin d’en rajouter.
Il y’a quelques années, j’ai même lu qu’un parti amazigh réclame que le Maroc ne fasse plus partie de la ligue arabe, parce qu’on n’est pas arabes, on est amazigh !!!

 

 

A quoi bon rentrer dans tous ces débats, qui c’est qui gagnerait quoi ? L’identité n’est pas la langue que tu parles ou le thé que tu bois, ce  n’est pas la jellaba que tu portes ou le drapeau que tu hisses, l’identité pour moi est beaucoup plus profonde que tout cela…

 

 

Je suis née arabe, je ne comprends pas l’amazigh mais je cherche à l’apprendre pour communiquer avec ceux qui ne peuvent pas me comprendre, parce que je cherche à détruire les barrières qui nous séparent, mais je ne comprendrai jamais ceux qui cherchent à en mettre gratuitement. On aurait eu des traducteurs, d’accord, mais provoquer pour provoquer, je trouve ça insensé !!

 

 

Il a parlé d’humiliation et d’exclusion, faire de la provocation gratuite fera naître de la haine, et on n’a pas vraiment besoin de ça !
Ce débat me ramène à la question posée par simplymoroccan sur l’ancien post, est ce que je parle darija avec les libanais ou est ce que je parle leur langue ?

 

 

J’ai du mal à parler libanais, ce n’est pas aussi facile que l’on croit, il y’a beaucoup de mots bizarres, mais la langue que je parle dépend de mon but, si je cherche à communiquer, à faire passer mes idées, je choisis certainement une langue que tout le monde comprend et que moi je maîtrise, si je cherche à faire connaître ma culture et faire connaître la darija, je parle en darija. Au début personne ne comprenait, mais là, plus ou moins, ils y arrivent. Et pour clore ce débat, il y’a une autre marocaine avec moi à l’université. Elle est amazigh, et à chaque occasion, on essaie de faire connaître la culture amazigh aux autres, et on a toujours été fières de dire que chez nous au Maroc, tout le monde vit en harmonie…alors pas de propos stériles s’il vous plait !!

 

 

Par Manal - Publié dans : Débat
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Mardi 20 novembre 2 20 /11 /Nov 01:51

Ce Samedi j’étais invitée chez une famille à Eddahiya, un quartier dont j’ai beaucoup entendu parler, située aux alentours de Beyrouth.
Au tout début, un Libanais sunnite m’a déconseillée d’y aller ; je voulais aller voir une exposition de photos qui retrace les souffrances de Beyrouth. Il m’a dit que  c’était une région dangereuse et que lui, à ma place, n’y irait pas.

Ce samedi j’y étais invitée et je ne pouvais pas dire non. Comment refuser l’hospitalité d’une personne qui t’accueille dans son foyer, au sein de sa famille, pour te montrer un vrai bout du Liban.
J’y suis allée non sans appréhensions, mais toute pleine de curiosité et d’envie de découvrir une autre Beyrouth.

Après quelques minutes de route loin du quartier Hamra, changement de décor. Les rues et les avenues deviennent de plus en plus larges. À l’entrée de Eddahiya, les photos des martyrs du Hezbollah t’accueillent, plus tu avances, plus tu en vois…
Ils ont tous le même regard triste-heureux. Les murs sont parsemés de photos de Hassan Nasrallah, dit « ASSAYED ». La population semble plus nombreuse, les rues plus animées, la vie plus simple…plus de 80% des filles sont voilées à la chiite.
Les photos du leader du Hezbollah sont partout, le rouge et le blanc du drapeau libanais cèdent la place au jaune du parti.

« Ici, l’amour du « Assayed » coule dans nos veines, sans lui, nous ne valons rien » me dit la mère de mon hôte.

Les traces de la guerre de Juillet 2006 sont toujours là, des immeubles vides, complètement détruits sont en cours de rénovation. Le parti du Hizbollah a pris en charge toutes les familles qui ont perdu leurs bien durant la guerre et s’occupe de la réparation des dégâts de la guerre. Les appels aux dons sont collés partout.

Ce qui a le plus attiré mon attention, ce sont des flics habillés d’une manière différente que ceux que je suis habituée à voir au centre ville et à Hamra. Quand j’ai posé la question au chauffeur de taxi, il m’a dit que ce sont des « Policiers du Parti », ils ont là pour assurer l’ordre !!
Ce ne sont pas des flics qui travaillent pour l’état libanais. J’avoue que ça m’a beaucoup choqué de noter ça, on dirait un pays à l’intérieur d’un autre pays. Ils vivent à deux rythmes parallèles. Quand j’ai demandé s’il n’y avait pas de conflits entre les deux types de flics, les « vrais » – ceux de l’état-  et les « faux » – ceux qui travaillent pour le Hezbollah, j’ai eu droit à la réponse suivante : 

«  Dans ce bled, personne ne s’intéresse à nous –chiites- les flics de l’état ne sont jamais là pour nous, heureusement alors que nous avons Assayed, sans lui, nous serons complètement perdus »

Disons que c’était mon premier contact avec cet autre Liban, j’ai certainement beaucoup d’autres choses à découvrir…
Je ne cesse de découvrir des choses très intéressantes sur ce bout de terre dont la population ne dépasse pas les quatre millions, des fois j’ai l’impression que chacun de ces quatre millions est un Liban à part…


N.B: Vers la fin de cette semaine, le Liban doit élire un président. Pour l’instant, personne ne peut prédire ce qui pourrait se passer, la situation est assez tendue entre les partis de la majorité et l’opposition…On verra bien d’ici là ce qui va arriver…

Par Manal - Publié dans : Ma vie au Liban
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