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Jeudi 15 novembre 4 15 /11 /Nov 22:08


Je n’arrive toujours pas à réaliser que cette journée est finie. C’était un cauchemar !
Déjà les Jeudis sont les journées les plus chargées de mes semaines. J’ai cours de 9 à 11h, puis de 14h à 20 :30 !!

Alors aujourd’hui en plus de tout cela, je devais remettre un essai à 17h, faire une présentation à 14h et envoyer un devoir online avant midi !! Cela fait deux jours que je n’ai pas dormi, et que je n’ai bien mangé !!!
Après la fin du cours à 20 :30, j’ai presque supplié un collègue à moi pour qu’il aille avec moi au théâtre, comme c’est une période d’examens, plus personne ne sort ! mais j’en pouvais plus, après la journée merdique que j’ai eue, je voulais me débarrasser de la BO de mission impossible qui sonnait dans ma tête.
Alors quoi de plus beau que d’aller au théâtre. Beyrouth est connue par ses activités culturelles, dont cette semaine le meeting points 5.
Il s’agit d’un évènement annuel qui regroupe des artistes contemporains de plusieurs pays et de différents backgrounds ( photographes, chorégraphes, chanteurs…) et qui font leurs shows dans plusieurs meeting points. Cette année, les artistes qui seront à Rabat, passeront par Tunis, Amman, Le Caire, L’Alexandrie, Beyrouth, Damas et Ramallah.
A Rabat, je ne ratais jamais ce genre d’évènements, y’a toujours quelque chose à découvrir.
Ce soir, y’avait une artiste MAROCAINE ! Il s’agissait d’un spectacle de danse, nommé Aita. Déjà moi je suis une grande fan de la musique Aïta, donc je m’attendais au grand show.
Le théâtre de la médina, situé au quartier Hamra de Beyrouth, était plein à craquer. Pour être honnête, notre théâtre est bien plus beau et bien plus grand ; mais peu importe, l’ambiance y est.

Je me suis sentie chez moi, ce qui m’a fait rire, c’est que j’avais l’impression de voir les mêmes têtes qu’à Rabat, généralement ce genre d’événement a un public inchangé !
Chaque fois que j’y vais, je retrouve tous les diplomates et les étrangers qui vivent à Rabat, ce soir, c’était tous les étrangers vivant à Beyrouth. L’audience est plus ou moins mixte, différentes tranches d’age, mais pratiquement le même look, vous savez de qui je parle ? Ceux et celles au look d’artistes, cheveux longs, tenue négligée mi hippie mi rap des années 90, les cigares et les pipes remplaçant les cigarettes, toujours un bouquin ou un journal à la main, tous pratiquement porteurs de petites lunettes extravagantes. Ça m’a vraiment amusé de retrouver les mêmes visages, à des milliers de kilomètres de chez moi.

Mon collègue est Egyptien, il attendait avec impatience l’entrée de l’artiste : Bouchra Ouizguen.

Le show a commencé avec l’entrée sur scène d’une dame assez corpulente. Elle était par terre, et faisait des roulades tout en chantant des trucs que même moi- marocaine- n’ai pas pu déchiffré. Elle continuait à faire ses roulades de devant en arrière puis de droite à gauche, tout en répétant le même refrain. Cela n’était pas vraiment de l’Aïta, mais ce que les gens appellent de l’art contemporain. Genre tu y vas, et tu n’y comprends jamais rien. Au bout de 15 minutes de roulades et de répétitions itératives de la même phrase – toujours incompréhensible- et puis surtout la sortie spectaculaire du tiers des spectateurs, une deuxième artiste entra sur scène. Elle commença à faire des mouvements qui m’ont bizarrement rappelé mon cours de sémiologie sur la constipation ! Elle avait tous les signes. Après quelques minutes de silence, en position toujours aussi constipée, les deux dames se libérèrent de leur posture figée et s’élancèrent dans une course sur scène. Elles se poursuivirent, puis s’arrêtèrent brusquement pour se battre. Je n’y ai rien compris ! D’un coup, elles ont commencé à s’échanger des bisous, pleins de bisous, tout le monde a éclaté de rire.

Franchement, j’aurais bien aimé comprendre ce qu’elles voulaient dire, il doit bien y avoir un sens à tout ça !

Je suis allée voir un spectacle de Aïta, je ne dirai pas que je suis déçue, au contraire j’ai bien rigolé et Dieu sait que j’en avais besoin après cette longue journée…

Les Libanais ne savent pas grand-chose du Maroc, et franchement avec ce spectacle, je ne pense pas qu’ils en auront même envie ! Et là après ce spectacle, je me suis posée la question : L’art est supposée être une langue universelle, qui va au-delà des mots. Ce genre d’évènement est sensé rapprocher les peuples et faire découvrir nos cultures aux autres, je ne m’y connais pas trop en art, mais le spectacle d’aujourd’hui m’a vachement rappelé le danseur contemporain de Gad ;-). Je doute fort qu’un quelconque message soit passé…qui sait, avec mon look d’écolière, peut être que c’est moi qui étais intruse !

Par Manal - Publié dans : Ma vie au Liban
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Lundi 12 novembre 1 12 /11 /Nov 14:10


“Having a girl is to plant a seed in someone else’s garden”

Lu dans un article sur l’état de la population en Inde. A méditer.

 

Par Manal - Publié dans : J'ai lu
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Samedi 10 novembre 6 10 /11 /Nov 00:37


Ce soir nous sommes partis regarder la finale de la CAF dans un café au centre ville de Beyrouth, communément appelé : Downtown.
Je suis arrivée un peu en retard – pour des raisons que j’expliquerai dans un autre post :p-, j’ai rejoint le groupe qui comptait : un libano-algérien, un libano-ivoirien, un libano-belge, une libanaise ( tout court) ,une kurde, une palestinienne, et deux égyptiens, dont un grand fan de El Ahly.
Je vous épargne les détails du match, moi j’étais juste contente de voir Al Arjoune arbitrer, je n’aime pas trop l’étoile du sahel, mais je voulais quand même qu’ils gagnent. (désolée Stup’)
Le café est assez branché, vraiment pas mal ! mais il n’y avait personne d’autre que nous !! Les serveurs regardaient le match avec nous à défaut d’autre chose, ils nous ont même offert des bonbons !!
Moi je ne connaissais pas l’endroit, j’ai du donc sillonné les rues de Downtown pour repérer le café. J’y étais vers 20 :20, les rues étaient vides…Pour une ville assez animée comme Beyrouth, ça faisait bizarre.
Pour que je puisse accéder à l’avenue principale, les flics ont fouillé mon sac, dans chaque de rue, il y’a minimum trois quatre flics et ça fait vraiment ambiance de guerre. Les boutiques sont fermées, les cafés aussi, et les rares restaurants ouverts comptent une petite poignée de clients.
Le downtown est une très belle zone de Beyrouth, les bâtiments sont construits à l’ancienne, les fenêtres et les portes sont artisanalement décorées. Mais c’est une zone fantôme, depuis les campements anti gouvernement de Sinioura, personne ne met les pieds à Downtown.
Il reste encore quelques tentes du Hezbollah pas loin de cafés et des boutiques à robes à 3000 euros !

C’est vraiment triste de voir un si bel endroit, quasi mort…
En tout cas, si jamais un jour vous passez par Beyrouth, faut bien aller voir Downtown.

 

 

Par Manal - Publié dans : Ma vie au Liban
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Jeudi 8 novembre 4 08 /11 /Nov 11:17


Je dois l’avouer, je n’ai pas appris à être méchante, je ne sais pas réagir méchamment, je n’aime pas blesser les gens et je ne sais pas le faire.
Je peux vous dire que ça me fait chier !! Quand je repense à certaines situations, je me demande souvent pourquoi je n’ai pas su répondre aussi méchamment que mon interlocuteur. Je n’ai jamais su dire à quelqu’un qui m’appelle en détresse : « Désolée je regarde le match Congo- îles Fuji et je ne peux absolument pas t’écouter, mais promis je te parlerai après le match ! ». Je n’ai jamais dit à quelqu’un qui a besoin d’aide : « fiche moi la paix, je suis dans un pétrin plus merdique que le tien. »
J’ai toujours avoué mes erreurs et me suis excusée chaque fois que j’étais en retard, je fais toujours attention pour ne pas blesser les personnes autour de moi. J’essaie juste d’éviter ceux que je n’aime pas pour ne pas avoir à faire un effort en leur parlant ! J’ai toujours été directe et toujours dit ce que je pense, et j’ai toujours demandé aux gens de me traiter pareil !
et ça me fait chier quand je pense que j’aurais pu dire les choses autrement, paraître moins conne et plus dure, faire mal et passer pour une connasse que de passer pour une imbécile heureuse…
J’ai toujours ce réflexe de vouloir courir après la fin de ce genre de conversations, prendre mon téléphone et débiter toute sorte de méchanceté. Je ne l’ai jamais fait !
Bref, une journée de blues…où j’ai l’impression d’avoir un bonnet d’âne sur la tête, et d’être pointée comme celle de qui on s’est bien foutue !!
ça tombe peut être mal, parce qu’aujourd’hui, il pleut sur Beyrouth, et c’est pas ce temps mélancolique qui me sortira de mon état…
Si vous avez des astuces, genre : kayfa toussbihou cherriran fi khamssat ayyam bidoun mo3alim ? – comment devenir méchant en 5 jours sans prof- , n’hésitez pas.

Manal, essayant de se remonter le moral !

Par Manal - Publié dans : Un peu BEAUCOUP de moi...
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Mercredi 7 novembre 3 07 /11 /Nov 00:44

Y’a pas un jour qui passe où il ne posait pas une centaine de questions, il ne passe pas inaperçu !! C’est pour ça que quand il s’est absenté tout le monde s’en est rendu compte !
Il doit avoir 50 ans, il est médecin iraquien et il travaille à Dubaï. Il est le premier à soumettre les projets requis, le premier à répondre aux questions en classe, bref, au début tout le monde le regardait bizarrement, parce que vu son expérience professionnelle, il posait des questions que personne ne comprenait, mais petit à petit, on a commencé à sympathiser avec lui…
Depuis Mercredi dernier, il n’a assisté à aucun cours, il n’est pas venu au meeting organisé pour les étudiants internationaux et personne ne savait où est ce qu’il était !!
Lundi soir, juste après le cours, je suis partie avec un copain égyptien et une copine libanaise à la recherche de notre collègue iraquien, on savait à peu près où est ce qu’il habitait, donc on a sillonné toutes les ruelles du quartier Hamra à Beyrouth, sans qu’on puisse le retrouver.
Ce matin, il a répondu à un mail que je lui avais envoyé, comme une bouteille que j’aurais jetée à la mer. Les autorités libanaises ont refusé de lui donner une carte de séjour, et ce parce qu’il est IRAQUIEN !!!
J’allais péter les plombs, pourquoi cette discrimination ? Ce monsieur n’a pas choisi de naître iraquien, contrairement à notre collègue américaine qui n’a eu aucun problème à avoir sa carte de séjour dès sa première semaine au Liban !!
Pourquoi tant d’injustice ?
Il y’a une semaine, j’ai reçu un mail de la part d’un autre copain iraquien qui s’est retrouvé forcé à demander l’exil en Angleterre, parce qu’il a reçu des menaces de mort à Bagdad !
Pourquoi ça fait une différence d’être né un Jean ou un Saïd ? pourquoi il y’a encore tant d’injustice dans ce monde ?
ça me fait de la peine, et malheureusement je ne peux rien y faire…
C’est triste…

N.B : Je n’ai toujours pas reçu ma carte de séjour, mon passeport est toujours chez les autorités libanaises, j’étais supposée récupérer mon passeport après une semaine de la déposition de mon dossier, mais quand j’y suis allée, ils m’ont demandé de revenir dans 15 jours, ils n’ont pas encore fini leurs investigations…à suivre.

 

 


Par Manal - Publié dans : Ma vie au Liban
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