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15 décembre 2005 4 15 /12 /décembre /2005 23:25


NOM : Khadija.

Age : 32 ans.

Situation familiale : divorcée avec un enfant.

Profession : infirmière.

NOM : Halima

Age : 27 ans.

Situation familiale : divorcée avec un enfant.

Profession : sans.

 

Scène n°1 : khadija prend le bus pour à l’hôpital où elle travaille. Elle pense à tous les problèmes qu’elle a avec son mari, elle est triste, elle en veut à tout le monde, même au contrôleur du bus…elle pense à son enfant qui doit subir les conséquences d’une relation qui a échoué, elle pense à l’avocat qui attend ses 5000 Dhs, elle pense à son hernie discale qui la prive de sommeil. Elle pense à toute cette injustice, elle pense aux médicaments qu’elle doit débrouiller pour sa mère diabétique et hypertendue, elle pense à sa voisine qui n’arrête pas de faire allusion à son ex-mari qui l’a trahie. Elle pense au loyer, aux frais des cours supplémentaires de son fils, elle pense à la facture d’eau, elle pense au plombier qu’elle doit appeler. Le bus arrive à l’hôpital. Khadija descend. Il est 9h du matin.

 

 

Scène n°2 : Service de pédiatrie dans un hôpital public. Halima est alarmée. Son bébé a saigné,  il est pâle. Elle ne sait pas ce qu’il a. Il ne la reconnaît plus, il ne tête plus.

Ça fait deux jours qu’elle n’a pas dormi. Elle n’avait pas les moyens d’amener son fils à l’hôpital. Elle a dû prendre de l’argent de chez sa voisine pour prendre un car, un grand taxi puis un petit taxi et arriver à l’hôpital. Elle ne comprend rien au circuit de l’hôpital, elle ne sait pas lire. Elle a peur de perdre son gosse, son seul espoir. Elle est en larmes.

Elle attend. Son fils vomit encore du sang. Il est prostré. Il va mal. Elle s’inquiète. Elle pleure. Personne ne lui parle. Elle attend son tour. Le médecin sort, puis revient. Il fait rentrer un délégué médical. Il fait rentrer le deuxième délégué médical. Il voit le fils de Halima. La sentence de l’hospitalisation tombe. Elle s’effondre. Il est 15h.

 

 

Scène n°3 : il est 17h. khadija râle. Trop de travail au service. Elle en a marre. Elle gueule sur les malades. Elle gueule sur tout ce qui bouge. Elle gronde Halima. Halima pleure. Khadija lui crie dessus, lui demande de se la fermer. Le fils à Halima pleure. Khadija refuse de lui prendre une voie veineuse parce qu’elle est la seule à travailler et parce qu’elle est malade et parce qu’il est 17h et que ce malade doit attendre l’équipe du soir pour qu’ils le prennent en charge. Khadija est fatiguée de travailler toute journée. Il y’a eu beaucoup de malades, elle verse sa colère sur Halima, qui elle, vient pour la première fois à l’hôpital.

Le fils de Halima est pâle. Il a besoin d’une transfusion. Khadija refuse de le transfuser. Il faut attendre l’équipe de garde. Il est déjà 17h45. Khadija sort de l’hôpital.

L’infirmière du soir arrive à 18h23. Elle a raté le bus.

Le fils de Halima est décédé à 18h00.

 

 

Ces scènes font partie du quotidien de l’hôpital. Les infirmières et même les médecins oublient que les malades n’ont pas choisi de venir à l’hôpital, et qu’ils ne sont pas là que pour les faire chier. Les malades sont là, parce qu’ils ont besoin de soins.

Scènes d’un jour, scènes de tous les jours. C’est malheureux.

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commentaires

B.Nadia 30/06/2006 00:26

Que dire...
Waw!
Then No comment...

Aliouate 09/01/2006 21:55

Silence black out.....
suis étonné de votre manque de réactivité au sujet du commentaire 34 au sujet de la médecine en milieu privé ( cliniques)....
Ni Manal ni ses confrères n'ont rien a dire a ce sujet !!! c'est tres curieux !!!
Je reste dans l'expectative et dans l'attente de vos opignons !!!

Bsima 22/12/2005 21:09

Coucou Sofia.
J'ai posté l'info chez moi. elle se fait opérer lundi. Moi personellement je passerai la voir en milieu de semaine car elle sera en réanimatione t seule sa mère pourra la voir. Et puis on n'a pas fait grand chose si ce n'est pas essayer de mobiliser du monde. Le plus gros a été fait par un anonyme...
Bisous.
 
Mila: J'ai les photocopies pr dimanche. Dès que tu es sur Rabat fait signe. bisous

Sanaa 21/12/2005 01:59

J'ai pas lu ts les commentaires... C'est peut-être la réalité. Enfin, C'est la réalité, j'en sais qq chose... Et c'est triste...

Bishara 20/12/2005 15:24

Boujour manal,
Mon premier passage et je tombe sur un scénario avec (sad and) le film maker est vrai dans ses propos et aussi touchant.
Je tiens à rappeler deux choses:
1: tous les secteurs publics au Maroc vont de pire en pis, voir leur dirigeants qui s'enrichissent de plus en plus (tous ingénieurs par hasard qui s'ingénient dans le paraître et rien d'autre). La santé du peuple ne les intéresse pas, parce qu'eux et leur famille respectueuse ne se soignent pas publiquement. Même quant on a les moyens pour se faire soigner dans le secteur privé, he ben là bonjour les factures qui relèvent de la science fiction.
2: deuxième point manal, c'est par rapport à ton choix des acteurs ou plutôt tes actrices, j'ai une impression peut être fausse (et j'espère), que les femmes qui font le plus de concession, elles travaillent plus, râlent le plus, mais aussi et surtout aiment le plus.
Voilà, je pense que la maladie de notre pays (et je parle bien du Maroc) est le manque d'amour et donc le manque de foi en notre pays.
Pour joindre l'idée de loula, jusqu'où ira le Maroc...
Bishara...femme fonctionnaire et qui aime son pays