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19 mars 2005 6 19 /03 /mars /2005 00:00

Aujourd’hui je voulais me déconnecter du monde, j’étais vraiment très fatiguée…

Après le week-end dernier raté par excellence, je voulais au moins profiter d’une grasse matinée ce samedi ! Je me suis donc réveillée à 15h23, pas mal non ?

Je voulais savourer les bras de Morphée, il me manquait tellement que je ne voulais pas le lâcher… mais quoi faire quand on est avec quelqu’un de sollicité, l’autre bout du monde appelait…

Je voulais incarner l’insouciance, embrasser l’indifférence, sacraliser la paresse, parce que tout simplement, j’en ai ras le bol !!!!!

Mon dernier stage était un vrai calvaire, un rythme infernal, avec des gardes sans fin… mais les gens ‘ allah yebecherhoum belkhir’ m’ont dit que le prochain stage est encore pire… bref, pas la peine d’en parler, je ne veux pas déprimer.

Mais mis à part les états de mal convulsifs auxquels on était confronté, ce stage m’a appris énormément de choses sur les marocains !!!

1ère constatation : l’esprit de groupe.

Les marocains est un peuple qui incarne la solidarité, si un individu va mal, c’est toute la ville qui souffre.

Le malade ne vient jamais seul, tu trouves toujours au moins 7 à 10 personnes qui l’accompagnent, et qui ont tous leur mot à dire. Y a même des mères qui laissent leurs voisines avec leurs enfants, et c’est cette voisine qui te raconte l’histoire de la maladie de A à Z comme si elle était avec eux ; c’est hallucinant.

Les visites consistent en un défilé interminable d’individus de tout age, allant de 0 à 99 ans, qui viennent faire coucou à ce malade, qui dans le cas du service où j’étais, manquait souvent d’oxygène, et pour qui la visite est strictement interdite…

Mais les marocains ne comprennent pas ce mot, il ne fait pas partie de leur vocabulaire….

2ème constatation : l’esprit d’observation, et la patience marocaine.

Lieu : Hôpital des enfants.

Heure : 03h26 du matin.

Personnages : une mère, la quarantaine, avec sa fille qui présente un ictère (jaunisse) franc, le père la quarantaine aussi, et moi-même.

Scénario :

Moi : oui, c’est quoi le problème ? ( chnou lmouchkil a ch’rifa ?).

La mère : ma fille. ( Benti..)

[C’est toujours comme ça, on n’a jamais de réponse dès la première fois].

Moi : qu’est ce qu’elle a ? ( malha ?).

La mère : elle a un ictère et de la fièvre. ( fiha boussefir, et skhana).

Moi : depuis quand, et elle est fébrile à combien ? ( foukach bdaha hadchi ? ou ch7al fiha dial skhana ?).

La mère : ça fait un mois, et je ne sais pas combien elle fait de la fièvre, je n’ai pas de thermomètre ?! ( hadi chher, ma3endich mizan).

Moi : UN MOIS ? UN MOIS QUE ÇA TRAINE ET VOUS VENEZ MAINTENANT A 3H DU MATIN !!!!!!!!

The end.

[No comment].

3ème constatation : le Maroc, un peuple de génies.

Un père s’amène avec sa femme et sa fille malade, l’enfant se portait très bien.

Le père avait un grand sac avec des médicaments dedans, quand on  lui a demandé si elle a pris un traitement avant, il a ouvert le sac et nous a sorti une tonne de médicaments : des antibiotiques de toute sorte, des anti-inflammatoires, du paracétamol… et même du Valium ?!!  nous disant : au cas où, ça chauffe trop ;) !!!

Bref, on en a vu des choses en pédiatrie, mais je crois que me stage de gynéco promet plus de choses…

A dans 2 mois alors…

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