Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 mai 2005 4 19 /05 /mai /2005 00:00

Quand j’étais en 3ème année, on nous a enseigné l’une des matières fondamentales en médecine : la sémiologie, science qui étudie les signes et les symptômes des maladies. J’étais particulièrement intéressée par les cours de sémiologie psychiatrique…

Le prof nous avait posé une question concernant un patient qui consultait pour des troubles digestifs, et qui étaient en rapport avec la pratique de la sodomie, parce que le patient en question était homosexuel !!! Une fille a spontanément fait une grimace en disant :  « Beurk !!!! Je le dénonce ! »

J’étais choquée, le prof aussi, il lui a demandé d’aller faire un autre métier autre que la médecine, où le respect du malade en tant qu’être humain est essentiel.

Qu’il soit juif, athée, bouddhiste, qu’il soit homosexuel, nécrophile, ou travesti, qu’il soit noir, jaune ou albinos, un malade doit être traité de la façon la plus neutre.

L’homosexualité est un comportement caractérisé par l’attirance érotique, permanente ou passagère, qu’un individu homme ou femme éprouve pour une personne du même sexe.

L’homosexuel ou gay représente la figure du désadapté socialement, du déséquilibré, du maladroit ou du malade dont la sanction logique est soit la castration, soit l’isolation.

Samuel Auguste Tissot semble être le premier médecin à s’être penché sur la sexualité, il publia en 1760 un essai sur les maladies produites par la masturbation.

Johann Ludwig Casper avança que l’attirance des hommes pour les hommes est innée.

Le Dr Karl Von Westphal, publia en 1869 un article décrivant l’amour entre hommes comme un sentiment sexuel contraire, il le considéra comme maladie, et conseilla de traiter ces patients plutôt que de les punir.

En 1886, Richard Von Krafft- Ebing publia «  psychopatia sexualis », il était le premier à présenter l’homosexualité sous un angle médical, la définissant comme étant l’expression d’une dégénérescence cérébrale.

Le premier mouvement de libération homosexuelle était mené par le neurologue allemand Magnus Hirschfed.

Freud ne voyait pas l’homosexualité  comme un fait criminel ou condamnable, mais comme une infirmité ou un déficit sexuel qu’il faut tolérer, voire guérir.

En 1973, l’homosexualité a été supprimée de la liste des maladies par l’association des psychiatres américains.

Pour l’islam, qui considère l’acte sexuel comme un acte religieux puisqu’il ne vise pas seulement la procréation, mais manifeste également l’harmonie de l’ordre divin, dont la distinction entre le féminin et le masculin et leur complémentarité constituent la base élémentaire.

Le coran aborde l’homosexualité entre autres en condamnant le peuple  de Loth dans leur pratique, le hadith confirme cette condamnation : «  lorsque vous trouvez deux hommes accomplissant le péché de Loth, mettez les à mort, le passif comme l’actif ».

Scientifiquement parlant, il semblerait que l’orientation sexuelle chez les homo ou les hétérosexuels soit très profondément ancrée et ne puisse être modifiée.

Lors du développement fœtal, le processus hormonal détermine la formation d’organes sexuels féminins ou masculins. Les recherches semblent concorder pour indiquer qu’à ce moment, les hormones auraient également un effet sur la différenciation du cerveau mâle et femelle, l’action des hormones virilisantes sur l’hypothalamus serait nécessaire pour aboutir à des comportements et des attitudes mâles.

Par ailleurs, au centre de l’hypothalamus antérieur, existe une aire qui est associée au comportement sexuel, et dont les tissus sont plus fournis chez l’homme que chez la femme. Les hétérosexuels auraient deux fois plus de tissus que les homosexuels masculins qui en auraient en quantité égale à celle des femmes.

L’homosexualité reste un sujet en ébullition qui fera encore couler beaucoup d’encre. Oscillant entre péché et maladie, ce comportement suscite beaucoup d’interrogations, tant sur le plan scientifique qu’éthique.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Najlae 25/05/2005 21:33

Tres interessants, les resultats des recherches scientifiques expliquant l'homosexualite. Merci!

Manal 21/05/2005 00:48

C’est un plaisir de te répondre…
Pour ce qui est du sujet de thèse, je tiens à te rappeler que la confidentialité est un élément impotantissime dans toute démarche médicale, et que dévoiler un secret médical à une personne qui n’intervient pas directement dans la prise en charge du malade est considéré comme une grave erreur dans notre métier…
Sinon, pour la difficulté c’est peut être la documentation, la procédure, et puis comme tu as dit les cas ! Je ne sais pas comment je vais faire, en tout cas, d’autres sujets m’intéressent aussi, à savoir la douleur, et puis n’importe quel sujet en pédiatrie…
Je ne suis pas encore décidée, faudra que je discute ça avec un prof qui voudrait m’encadrer…
Ça fait vraiment plaisir de voir des gens réagir à ce qu’on écrit…
You’ll be always welcome here ;)

karim 20/05/2005 18:13

Meci Manal d'avoir repondu a ma question. Quand tu dis que tu veux faire ta these sur l'homosexualite, le seul probleme potentiel que je peux anticiper est que, le sujet etant encore tres tabou au Maroc, tu risques d'avoir quelque mal a trouver des "patients" sur lesquels tu feras ton etude. Mais qui sait? Peut-etre que si tu fais une annonce quelque part et que tu promets aux gens une confidentialite totale, il y en aura qui accepteront volontiers de participer, ne serait-ce que pour, justement, briser le tabou. En tout cas, une chose est sure: ta these fera date.
Ca, je peux te le garantir :-)

Felicitations pour la qualite de ton blog. Et oui, bien sur que je viendrai ici souvent!

Manal 20/05/2005 16:59

Hello Karim !
Merci d’être passé, merhba bik sur mon blog…
Well, je ne saurai te donner une réponse claire et exacte… vue qu’en médecine les théories sur l’homosexualité ne sont pas encore vérifiées… je ne dirai pas que tous les travaux de recherche qui ont été faits ne sont que spéculation, mais comme la base est incertaine, les traitements sont également en phase d’expérimentation.
Le fait qu’entre homosexuels, les relations ne sont vues que d’un angle strictement sexuel (on parle rarement d’émotions, d’affect du point de vue scientifique quant à ces relations), des traitements neurochirurgicaux ont été instaurés dans ce sens.
A l’heure actuelle, il n’y a pas de traitement, mais des champs d’expérimentation, surtout que l’homosexualité est sortie des rangs des maladies…
Les hormones sont les chefs d’orchestre de notre sexualité, donc c’est évident de voir des thérapeutiques à base d’hormones, mais comme je t’ai dit, je ne peux rien affirmer.
Ce sujet m’intrigue, c’est la raison pour laquelle j’aimerai bien faire mon sujet de thèse dessus, mais bon…
Je chercherai plus de renseignements, entre temps, si quelqu’un tombe par hasard sur ces commentaires et qu’il veuille y ajouter quelque chose, he/she is welcome.
Merci encore une fois Karim, j’espère que tes passages seront plus fréquents…

karim 19/05/2005 17:19

Salut Manal,

Je viens visiter ton site apres avoir lu ton commentaire sur le billet de Larbi. Au fait, je voudrais te poser une question: du point de vue medical, y a-t-il des cas ou l'homosexualite serait "traitable"? (Bien sur, on pourrait se demander a quoi bon ca servirait de "traiter" un homosexuel si ce dernier se plait dans son orientation sexuelle, mais d'un point de vue strictement scientifique, j'aimerais quand meme savoir). Pour reference, il parait qu'en angleterre, jusqu'aux annees 60, on "traitait" les homosexuels aux hormones. Un cas celebre est celui du mathematicien celebre Alain Turing (qui dechiffra les codes secrets de la machine de la machine de transmission nazie pendant la deuxieme guerre mondiale, un vrai genie), auquel on administra des injections qui lui ont apparemment fait pousser des seins :s