Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 décembre 2006 5 08 /12 /décembre /2006 17:59

Réveil tôt le matin, je croise un soudanais dans le couloir, on s’échange quelques mots puis on descend prendre le petit déjeuner. Je m’assoies près d’un iraquien, à côté d’un libanais, en face d’une égyptienne, pas loin, une turque, une autre marocaine, un palestinien, un algérien, un tunisien, deux israéliens, une iranienne et puis un sud africain…un super melting pot, les discussions s’engagent dès les premières minutes, le groupe est très enthousiaste. Le bus est là. Départ vers le siège de l’université.
Je fais la connaissance de Anas, un palestinien vivant à Tel Aviv, de Aussama un étudiant en médecine à Baghdad, la petite clique commence à se dessiner.
Au siège de l’université, les mesures de sécurité sont effrayantes, on nous fouille nos sacs, nos poches, au début ça inquiète, mais on s’y habitue.
Le reste du groupe nous attendait, plus de 30 jeunes venus d’Allemagne, du Canada, des états unis, d’Angleterre, d’Indonésie, du Japon, d’Italie, tous résidents en Jordanie. Y’en a qui étudient l’arabe, y’en a qui enseignent dans les centres de langues, tous avec un point commun, un engouement pour le moyen orient.
Le staff des professeurs est subjuguant, de Wisconson à Ramallah, passant par Tunis, Le Caire,Tel Aviv et Nairobi, sans oublier les professeurs Jordaniens. Une équipe très sympathique, qui a envie d’échanger plus que d’étaler ses connaissances.
La formation intitulée “Youth Leadership, the Politicization of Religion, and the Future of Democracy in the Middle East” s’est tracée comme objectifs de comprendre et de connaître les grandes divergences entre la religion et la politique et identifier leur impact sur l’avenir de la région, de débattre de la situation actuelle au niveau du moyen orient, pour identifier dans un second temps les défis qui entravent l’établissement de la démocratie au niveau de la région.
Les conférences du matin nous ont mis rapidement dans le bain,  « Political Islam,Emerging Circumstances and Political Impact” by Dr. Musa Shteiwi, Director of The Jordan Center for Social Research, suivie par  une intervention super intéressante de Dr. Andrew Austin, University of Wisconsin-Green Bay sur ‘Christian’ Neo-fundamentalism, Democracy Promotion and US-Foreign Policy in the Middle East’ et puis l’intervention de Dr Shlomo Avineri de Hebrew University of Jerusalem, sur ‘Israel: Secularism Versus Religious Fundamentalism, Arab-Israeli Disputes, and the Future of the Peace Process.’
Une très grande diversité, un échange très intéressant et des opinions très divergentes. Ça bouillonnait dans tous les sens, le moyen orient est au cœur du débat, chacun expose son plan pour sauver la région. La matinée fut vraiment géniale.
Les conférences se sont poursuivies, les discussions aussi. Celles tenues dans le bus et dans les chambres me semblaient plus enrichissantes.
J’ai appris énormément de choses, j’ai appris qu’on ne peut pas appeler la Palestine du Liban, j’ai appris qu’il y’a des pays qui interdisent leurs citoyens d’entrer en Israël comme le Soudan et l’Iran, j’ai appris que si tu as un timbre d’entrée en Israël sur ton passeport les Syriens ne te laisseront jamais entrer chez eux, bref, un tas de petits détails que nous maghrébins ignorons sur le moyen orient malgré notre intérêt pour la région.
J’étais aussi surprise de voir que les participants ne connaissaient pas grand-chose sur le Maroc ou l’Algérie, disons qu’ils se foutaient un peu du maghreb. Ils justifiaient ça par le fait qu’ils ont assez de problèmes chez eux, qu’ils ont à peine le temps de s’occuper d’eux même…
Les expériences personnelles échangées étaient très émouvantes, Jihàd le sud africain nous a raconté comment il a vécu jusqu’à l’âge de 12 ans dans la discrimination raciale, comment il a eu peur quand il est monté dans un bus de ‘blancs’ pour la première fois de sa vie, comment jusqu’à aujourd’hui il souffre d’être une minorité ; contrairement à Anas le palestinien porteur d’une identité israélienne qui se plait bien à vivre comme minorité dans une société juive où il a pu s’intégrer sans problème…
Aussama l’Iraquien nous a raconté comment sa vie a basculé après l’arrivée des Américains, comment ils vivent avec 2 heures d’électricité par jour, comment il passe des semaines chez lui à cause du couvre feu. Aussama avait un billet Aller sans retour, il est resté coincé en Jordanie plus d’une semaine après la formation parce que l’aéroport de Baghdad était fermé.
tant d’histoires, douloureuses, choquantes mais vraies se sont échangées dans les ruelles bruyantes de Amman…Ce n’est que le début…
A suivre…

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Iskander 20/12/2006 15:48

Ben dis donc elle bouge la petite Manal depuis una an que je n'ai plus visité son blog.... Salut me revoila ;-)

ploki 09/12/2006 15:14

Merci pour l'information Manal !! je savais pas moi non plus qu'on pouvait pas appeler la palestine depuis le liban, non plus pour le visa syrien non plus pour le soudan et l iran ...
S'ils connaissent presque rien sur nous, suis sur qu'on connais moins sur eux nous aussi !! tous ce qu'on nous délivre par le biais des médias sur le moyen orient se résume en echos de meurtres et tortures par ci et par la... tantot par les israeliens, les troupes américaines ou encore par les groupes islamistes...
Heureusement qu'on a un représentant sur place pour nous éclaircir et nous transmettre l'image réelle de ce qui se passe de l'autre coté de ce monde arabo musulman...
Merci Manal ;)
 

mehdi7 08/12/2006 22:11

Oui... Rien que ça, ça valait la peine de prendre une semaine de retard sur ce que tu sais ;-)
Mais attend... Quand tu dis qu'ils ne connaissent pas le maghreb... Tu veux qu'ils ne connaissent même pas l'existence de mehdi7?!!

Cristophe 08/12/2006 21:16

Pour les mesures de sécurité, l'université est peut-être jumelée avec les aéroports.Je suis pluss intéressé par tout ce qui a pu s'échanger entre les participants que par les interventions des profs.

Yahia 08/12/2006 21:00

J'étais sûr qu'ils ne connaissaient rien de nous aussi. On est donc quittes!

Pour le Peace Process
C'est bien de faire des conférences sur le sujet. Mais tu parles! ça ne va rien résoudre.