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1 juillet 2005 5 01 /07 /juillet /2005 00:00

Le médecin est une personne habilitée à exercer la profession médicale  après obtention d’un diplôme sanctionnant une période déterminée d’études.

Après acquisition d’un certain nombre de connaissances, le médecin est sensé rétablir,  préserver et promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux, il doit respecter  toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions.

 

 

Le médecin est amené à diagnostiquer, raisonner, et guérir les maux. Il a affaire à grand nombre de virus, bactéries, anti-corps ; il lutte contre plusieurs pathologies, essaie de les prévenir, de les traiter se servant de sa science et de son savoir-faire.

Mais le médecin traite avant tout des malades, des êtres loin d’être de simples porteurs de germes.

Chaque malade est une entité à part. De cette diversité découle un comportement différent, disons, approprié ou adapté à chaque « type » de patients.

Le médecin doit savoir gérer l’anxiété de certains, l’indifférence des autres, et la négligence de bien d’autres. Il doit faire de son malade un partenaire pour combattre la maladie, il doit gagner sa confiance et celle de sa famille. Il doit savoir transmettre les messages de la façon la plus  neutre possible.

 

Cette attitude qui définit la relation médecin-malade, et où s’entremêlent deux individus ayant deux personnalités bien distinctes, fait que le métier de médecin est loin d’être anodin.

Toute démarche doit répondre à une éthique exemplaire, tout pas envers le malade doit échapper à la spontanéité et l’anarchie, et se plier aux lois qui régissent notre métier.

 

De ce fait, j’estime que ce thérapeute ne doit en aucun cas refléter une appartenance quelconque, qu’elle soit politique, idéologique ou théologique. La neutralité du praticien devrait être respectée lors du contact avec le malade, loin des conflits qui risquent d’être inspirés par cette apparence.

Il serait très difficile à un malade recherchant une identité religieuse, de se confier à un psychiatre dont l’aspect prédit déjà sa position sur le sujet. Il serait également ardu à un patient de parler de sodomie, d’homosexualité, de vagabondage, ou de masturbation devant un médecin qui, de par son apparence reflète un courant qui refuse catégoriquement ces attitudes.

Certes, nous sommes dans un contexte musulman, mais cela ne nous impose pas, en tant que praticien d’évoquer la morale religieuse dans notre discours.

 

Face à la certitude du pronostic, quand la science dit son mot et que la vie se prosterne devant l’imminence de Thanatos, comment devra-t-on agir ?

Dans l’un des débats que j’ai lancé, les avis se partageait, finalement, annoncer ou pas la maladie létale doit être traité au cas par cas.

Mais quand la vie se chiffre en mois, ou en semaines… doit on dire aux malades de se retourner vers Dieu, la mort frappe à vos portes ! Pensez à l’au delà ?

Cette question a fait l’objet d’une longue conversation que j’ai eue avec l’un de mes collègues du stage ; pour lui, mettre un patient mourrant sur la bonne voie est un devoir. Pour moi, cela reviendrait à heurter l’éthique médicale ; après tout, nous devons soutenir le malade jusqu’au bout, lui dire la vérité,  la vérité scientifique.

Pour convaincre dit-il, il serait plus judicieux de faire intervenir le discours religieux : exemple : un malade qui boit ; que vas-tu lui dire ?! Personnellement, je lui étalerai les méfaits de l’alcool, les conséquences de sa consommation, à court à moyen et à long terme, je lui dirai clairement ce que la science a prouver : boire nuit à la santé.

Pour mon collègue, cette attitude est minimaliste, il faudrait peut être dire au malade, que boire nuit à la santé, et que c’est aussi 7ram, et que Dieu ne tolère pas ce comportement.

Pour lui, le discours religieux a plus de poids dans notre contexte. Dans un pays où le médecin est presque vénéré (enfin…), ses paroles valent de l’or, et il faut –d’après lui- profiter de ce pouvoir pour orienter les malades et les mettre sur la bonne voie.

 

 

Utiliser le discours religieux en s’adressant à un malade qui approche sa fin, ou qui nuit à sa vie, reviendrait pour moi à le pénétrer dans sa profonde intimité. Mon rôle se cantonne à bien prendre soin de lui, faire de mon mieux pour améliorer son état dans la mesure de mon possible, tout en gardant un esprit scientifique, rationnel, médical et éthique.

J’espère pouvoir accomplir ma mission dans ce sens, et être à la hauteur pour ne pas nuire à la santé physique ou psychique de mes patients.

 

 

Et vous, qu’est ce que vous en pensez ?

 

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commentaires

freedoc 23/07/2005 02:05

bonjour manal,
merci de m`acceuillir dans ton espace. J`ai juste releve certaines constructions syntaxiques revelatrices du fond de ta pensee lorsque j ai dit que tu faisais le different Religion(Coran)-science, mais peut etre je me trompe :). Je te rejoins parfaitement sur ta derniere phrase. Un medecin n`a pas a jouer en aucun cas, un role moralisateur, mais la question qui est soulevee a partir de la est, est ce que le medecin est un simple mecanicien du corps humain, ou bien doit-il aprehender le patient dans sa globalite et sa dimension spirituelle ? peut etre tu pourra proposer cette discussion dans un autre post.

Manal 22/07/2005 16:29

Coucou freedoc
Ravie de te voir chez moi…
Je te lisais sur ton blog et chez les autres, et voilà voilà, je suis toute contente de te savoir ici.
Merci de laisser un commentaire sur ce post, c’est un sujet que j’estime très intéressant.
C’est très désolant de ne pas avoir des cours d’Ethique médicale dans nos programmes, il est inadmissible de nous livrer à notre sort et nous laisser patauger naïvement dans la boue !!
On partager à peu près the same point jusqu’au là, mais juste une petite remarque : je n’oppose pas la religion à la science ; mais je dissocie le background religieux ou politique ou autre de tout médecin de sa vie professionnelle !!! c’est ça le problème que j’ai soulevé !
Qu’en penses tu ?

freedoc 22/07/2005 07:15

Manal,
en Tant que fraichement débarqué sur la planète Blog, je n'ai pas rattrappé à temps le fil de cette discussion très intéressante. Je comprend parfaitement ton désarroi devant ce problème que tu a soulevé. Dans uns situation normale, dans un pays "normal", toutes ces questions et tout ces scénarios sont adréssés spécifiquement dans le cadre de l'enseignement de l'Ethique Médicale et des relations patients médecins, Chose qui ne figure pas dans le programme de nos fac, et conditionnant la délivrance du Diplôme. Quand on a toutes les connaissances on n'a pas à se livrer au jeu dangereux des conjectures, qui à mon avis ne font que noyer le poisson.
Autre remarque, baucoup de d'intervenants, dont toi même opposent science et religion. Ceci, étant vrai pour les autres religions, mais pas pour le Coran. Je suis passé par ta phase, et sans aucune prétention, je suis ton ainé et je te dépasse également en science, et je peux t'assurer que quand tu pousses dans le domaine scientifique, tu
retrouve Dieu.

Manal 05/07/2005 23:54

Sun Li>> c’est triste… voir des médecins comme ça, ça me révolte !!!!!!
Heureusement qu’il y a des gens comme toi…
Merci de passer, on se voit samedi , hein ;-)

Sun Li 05/07/2005 00:52

moi, je me rappelle d'un jour où j'assistais à une consultation de pneumo(je suis encore externe), on a eu une patiente qui a admis qu'elle fumait.. Quand le médecin (une femme très conservatrice) en a fini avec elle et que la patiente est sortie, elle s'est tournée vers nous et a déclaré sur un ton méprisant "Pfff.. vagabondage sexuel.." Je me demande de quel droit elle se permet de juger ses patients ? Je pense qu'un médecin doit absolument être neutre et compréhensifdès qu'il est face à un malade, même si ça peut être difficile. Cet effort est nécessaire si on veut assurer au malade une prise en charge de qualité.