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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 18:09

J’ai disparu après la guerre du Liban, la période post conflit était très chargée parce qu’il fallait récupérer le temps perdu. Les cours en été sont tous intensifs et donc pas évident d’écrire pour le plaisir.
Mais aujourd’hui j’ai eu envie de partager avec vous une autre aventure libanaise. Une copine à moi m’a proposé un plan plage ce Dimanche ! Faut dire que j’en avais vraiment besoin, elle m’informe qu’elle ne va pas aux plages mixtes mais à des plages pour femmes ! Quand elle m’a dit ça, les quelques images qui me sont venues à l’esprit sont celles de femmes vêtues en tchadors noirs,  se baignant cachées dans une plage sauvage, comme il se passe au Maroc !
Ça nous a pris à peu 45 minutes, nous avons pris l’autoroute en direction du sud de Beirut. Nous y voilà. Ma copine déjà portait une petite robe de plage, beaucoup de femmes voilées se dirigeaient vers la plage aussi, et j’avais hâte de découvrir à quoi cela ressemblerait. On a payé 10 000 Livres Libanaises (l’équivalent de 50 Dirhams) chacune, – c’est le cas de toutes les plages au Liban apparemment- et d’un coup, je me suis retrouvée en plein centre d’une piste où une trentaine de femmes dansaient en bikini ! J’étais surprise ! Nous marchâmes  au sein de la foule, les femmes se déplaçaient en liberté, personne ne matait personne ! il y’avait plus de 3 grandes piscines sur l’allée, et puis la plage !! Que des femmes ! toutes bronzées, belles, fumant leur shishas et dansant en toute joie ! rien que de voir toutes ces femmes de tout âge, s’amuser et danser, rire et discuter en toute liberté, marcher au long de la côte sans être matée ou dérangée m’a fait super plaisir. Je me suis assise sur une chaise et me suis mise à observer encore tous ces visages, des grands-mères nageant avec leur petites filles et fils – les garçons sont autorisées jusqu’à l’âge de 11 ans !-
La plage est gérée par des femmes, des « maîtresses -nageuses » des tatoueuses, des esthéticiennes… celles qui vendent aux kiosks sont des femmes…bref, c’est une ambiance à part ! La plage est une sorte de baie, donc pas moyen que quelqu’un puisse voir les gens à l’intérieur.
Mon attention était surtout attirée par une grande dame, qui doit avoir 70 ou 75 ans, qui se baignait en chantonnant, elle n’est presque pas sortie de l’eau. Elle prenait « des taxis » avec les vagues qui venaient, faisait des roulades et souriait à tout le monde !!!
J’ai posé quelques questions à ma copine pour comprendre comment l’idée est née, elle m’a dit que les premiers qui ont pensé au concept était les gens du Hizbollah et puis d’autres investisseurs ont pris la relève. Ces plages existent depuis plus de 10 ans, il y’en a une dizaine à peu près aux alentours de Beyrouth !!! A sa connaissance, ses plages existent aussi en Iran !
Curieuse de savoir si ces plages existent par le grand hasard au Maroc, j’ai googlé « Plages pour femmes » je suis tombée sur un forum de discussion assez intéressant, je vous copie quelques extraits :

Bonjour à tous,
j'aimerais savoir si vous connaissiez une piscine ou une plage réservée aux femmes à Casablanca - Oujda - Saidia?

ça m'intéresse beaucoup !


Non, on n'est pas encore à barbu land ou je me trompe!!
et pendant que tu y es pourquoi pas des taxis pour femmes,
des trottoirs réservés pour femmes,
des magasins pour femmes
des restaurants pour femmes
des bus pour femmes etc ...
moi tu vois, ce qui m'ennuierait le plus dans une plage réservée aux femmes, c'est que je ne pourrais pas mater les mecs en maillot, pas toi?


Je ne connais pas de piscine , mais toutes les femmes vont sur les plages comme elles veulent et en même temps que les hommes.Vous ne connaissez apparemment pas ce pays.Dommage.Il est magnifique.

En voilà une question sorti tout droit du moyen âge..
désolée ma chère... les endroits publics sont mixtes au Maroc et c'est bien ainsi.
A part le hammam je ne vois pas où..
toutes les piscines sont mixtes, les "bonnes plages" ou il n'y a pas de smicards qui jouent au foot après 8h de boulot...
non mais.....
ah oui ! peut être en arabie..

 

 

Tata Latifa ! !!!!
Cela n'existe nul part.
Par contre, comme il y a encore (peut-être pour pas longtemps) quelques plages isolées et vides, certaines familles y vont pour être hors de portée de vue.
D'autres les choisissent aussi pour bronzage intégral.

Tous ces commentaires m’ont laissé perplexe, pourquoi des plages aux femmes seraient liées à « barbu land » ? pourquoi on accepte d’aller à des hammams séparément, alors  qu’en plage ça serait différent ? parce qu’avec un bikini ça fait la différence !
Et puis surtout la grande question ? pourquoi personne n’y a pensé avant chez nous, personnellement, je me suis sentie plus à l’aise, au moins, je pouvais rester autant que je pouvais dans l’eau, sans que personne ne vienne me parler, draguer ou harceler, sans qu’un groupe de mecs viennent jouer au foot devant moi, sans que personne ne me mate ! et puis surtout, j’ai adoré voir toutes ces femmes heureuses, pourquoi ma grand-mère n’aurait pas droit d’aller à la plage aussi ?
J’aimerais bien avoir votre avis.

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 16:37

Ce matin nous avons reçu ce message du président de l’université :

To the AUB Community
From: John Waterbury, President

I am listening to the first commercial air liners arriving at Beirut Rafic Hariri International Airport in a number of days. It is a very pleasant sound. The agreement announced this afternoon (Thursday, May 15) by the Qatari Foreign Minister and the League of Arab States puts Lebanon on a positive course.

So, with cautious optimism, we will resume classes and our normal academic program beginning Monday, May 19, 2008. I have asked Dr. Salameh, the Registrar, to work on a revised academic calendar and exam schedule so that we can finish the semester and hold Commencement on time. I will be communicating the schedule to you as soon as it is ready.

In the meantime let's be thankful that we may be able to get back to what we are supposed to do: fulfilling our academic mission for Lebanon and the region.

Best regards,
John Waterbury

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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 20:34

  

Le conflit au Liban était pour moi les tirs que j’ai entendus, les armes que j’ai vues, les chars qui ont secoué ma chambre, la panique dans les rues, les supermarchés qui ont fermé, les rues qui étaient désertes. Le conflit au Liban était pour moi la peur de l’inconnu, l’envie de partir, l’envie de rassurer mes proches et mes amis. Le conflit au Liban était pour moi une expérience unique, intéressante mais terrifiante ! Le conflit au Liban était pour moi une autre façon de découvrir ce pays où j’ai choisi de vivre mon expérience du moyen orient, une façon de vivre à la libanaise jusqu’au bout. Le conflit au Liban était pour moi une occasion de compatir, de découvrir et surtout de comprendre la politique dans ce pays…

Durant les premiers jours, les chaînes de télévision rapportaient presque toutes en direct les évènements dans les rues de Beyrouth, je me souciais peu de la chaîne ou des commentaires qui accompagnaient le reportage, pour moi l’image parlait d’elle-même, le sang coule à flot et faut bien arrêter ce massacre !

Mais là les choses ont changé, Beyrouth a retrouvé son calme, la vie a repris depuis deux jours mais les cours à l’université sont toujours suspendus. Je ne me suis jamais posée la question pourquoi ! La réponse pour moi était évidente, il y’a beaucoup d’étudiants qui habitent loin de l’université, les routes sont toujours dangereuses et ce n’est pas la peine de prendre le risque maintenant, attendons que les choses se calment. En discutant aujourd’hui avec une responsable à l’université, elle a insinué que l’université ferme toujours ses portes de peur qu’un conflit se déclenche entre les étudiants !! Ben oui ! si les routes étaient dangereuses, pourquoi tous les employés sont tenus de venir au boulot !!!

Il y’a quelques mois, j’ai assisté à un phénomène très intéressant : Les élections des bureaux des étudiants. Je me rappelle encore que la poignée des étudiants qui se présentait aux élections dans notre faculté, personne ne se souciait de leur appartenance politique ! Néanmoins, au Liban, la victoire d’un étudiant X, signifie la victoire d’un parti politique au dépens des autres. Les élections sont très politisées, la tension qui régnait le jour du vote était très inquiétante. Les portes de l’université étaient fermées, l’armée contrôlait la situation au sein même des facultés pour que tout se passe dans l’ordre. En fin de journée, feux d’artifice, ballons et célébrations, le mouvement du futur a reçu le plus grand nombre de représentants !

J’ai été stupéfaite !

Aujourd’hui, ces mêmes étudiants ressentent la haine l’un envers l’autre, et les avoir tous dans la même classe, le même cours, le même groupe, risque sérieusement de créer des frictions ! L’université préfère donc sagement de garder l’huile loin du feu.

Les médias contribuent fortement à la création et au développement de ce sentiment. La chaîne Al Manar a même diffusé hier une scène horriblissime où des armés du mouvement du futur assassinent des jeunes du parti progressiste socialiste syrien, l’animateur a par la suite appelé les familles des victimes et leur posait des questions très provocantes qui finissaient toujours par : Quel ton message à Saad Hariri ? La chaîne Future TV qui a repris hier la diffusion de ses programmes axe ses émissions sur l’attaque de l’autre, du Hezbollah et du mouvement Amal. Les médias provoquent la haine et l’entretiennent !!!

Les vidéos des assassinats sont sur Youtube et sur Facebook, tout le monde en parle mais chacun à sa façon ; certains parlent de victoire d’autres d’humiliation et d’autres de vengeance. Déjà que ceux dont les biens ont été endommagés par les clashs, dont les maisons, voitures et propriétés ont été détruits lors du conflit portent en eux une grande haine, alors que feront ils quand ils verront ces vidéos, que feront ils quand ils entendront ces messages qui véhiculent beaucoup de haine et qui ne parlent que de vengeance !!! et puis pourquoi tout ça ?

Avant de lire un journal ou de regarder une chaîne télé au Liban, il faut connaître son affiliation politique. Pour moi, toutes les infos sont biaisées, elles cherchent à soutenir une idéologie au dépens des autres, elles cherchent à justifier une position, transmettre un message politisé et totalement biaisé. Au Liban, il n’y a pas une seule vérité mais plusieurs !

Al Akhbar (Je ne sais pas quel mouvement ils soutiennent, j’ai juste trouvé le journal sur une table et je l’ai lu) a publié aujourd’hui un article qui parle de la montée de la haine sur facebook, la guerre n’est plus dans les rues maintenant, mais dans les cœurs.

Je vous invite à lire l’article.

God Bless this Country !!!


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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 14:33
Source: AFP.

On ne sait pas vraiment si c’est fini pour de bon. Ici à l’université, on ne parle que de ça, de ce week-end cauchemardesque dont les souvenirs sonores résonnent encore dans nos petites têtes.

Pas de classes ce Lundi, la vie à l’université reprend petit à petit. Les débats continuent. Qu’est ce qui va se passer ? Les libanais parlent maintenant de haine ! ma voisine, jeune étudiante en nutrition, sunnite m’a dit qu’elle ne veut plus aller voir sa meilleure copine shiite qui habite le même bâtiment que nous. Elle m’a dit que cette copine a les photos de Hassan Nasrallah sur le mur de sa chambre et que si elle rentre chez elle, elle risque de les déchirer parce qu’elle ressent beaucoup de haine.

Ce matin, j’ai lu un reportage sur le monde intitulé : «  Les sunnites racontent leur humiliation ». Au moment où les leaders politiques insistent sur l’aspect purement politique du conflit, les gens dans la rue voient les choses d’une manière différente.
Comment les choses vont évoluer ? maintenant que la haine s’est installée, que tout le monde est tendu, que les sunnites se sentent humiliés et les shiites se délectent de leur victoire ! Il se passera quoi après ? et pourquoi les libanais devraient payer ce prix encore une fois ?

Ce n’est pas facile de vivre dans un pays qui compte plus de 18 sectes, une amie shiite m’a expliqué un jour pourquoi il y’a des ségrégations par quartier. Par exemple, pourquoi le quartier Hamra est à majorité sunnite, Dahiyeh est shiite, Achrafieyeh est à majorité chéritenne ? elle m’a dit que durant la guerre civile, plusieurs familles ont été assassinées par leurs voisins qui étaient d’une secte différente, pour cela, les différentes communautés ont préféré s’installer avec leur semblables pour se sentir en sécurité ! maintenant, les quartiers sont attaqués en fonction de cette répartition, corniche al mazraa qui a été le plus endommagé durant ce conflit ets à majorité sunnite, quartier Hamra, qoraitem aussi. Mais ce que je ne comprends pas, c’est que le fait que je sois sunnite ne veut pas dire que je soutiens le gouvernement, j’ai beaucoup d’amis sunnites qui sont avec l’opposition !

Bref, j’ai du mal à comprendre tout ça, mais j’ai vraiment peur pour ce pays. Les libanais ont assez souffert comme ça et ils n’ont pas du tout besoin d’une autre guerre ! God Bless this country.

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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 19:06

Les choses s’améliorent, l’opposition vient d’annoncer qu’il n’y aura plus d’armés dans les rues de Beyrouth !!! ça c’est une bonne nouvelle.
D’un autre côté, un responsable dans l’ambassade a appelé ce matin la marocaine qui est avec moi à l’université et lui a dit que les choses ont l’air de s’améliorer, il lui a donné son numéro de portable et lui a dit que en cas de danger, ils se chargeront de nous évacuer. Voilà, donc fallait pas s’inquiéter.
On n’entend plus rien, pas de tirs, pas de chars. Les gens commencent à sortir de chez eux et la tension semble se dénouer petit à petit. Les jeunes armés du Hizbollah ne squattent plus les entrées de l’université et les choses ont l’air vraiment de se calmer.
À l’université, on commence déjà à parler d’examens et de devoirs à faire. Les super marchés ont ouverts et les rues du quartier Hamra semblent renaître de leurs cendres.
Je suis sortie ! Oui, je voulais acheter des trucs à manger. C’était triste de voir les vitres cassées, les voitures défigurées, il y’avait encore des armés dans la rue. Je me suis crue dans une scène de film, mais bon, le risque était calculé, ils ne tirent pas sur les civils.
J’ai vu des drapeaux couvrir les balcons, des drapeaux du parti socialiste progressiste je pense, je n’en suis pas sure.
Je pense que d’ici Lundi les choses rentreront dans l’ordre, et la vie au Liban reprendra son cours normal. Je pense que les Libanais sont assez sages pour ne pas foncer dans une autre guerre civile.
Stay tuned et encore une fois, merci pour votre soutien.

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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 00:31
Silence. On n’entend pratiquement plus rien. A part quelques les quelques chars qui passent de temps en temps par notre rue, tout s’est calmé. Les jeunes armés du Hizbollah maintenant entourent l’université, je les ai vu de près, ils squattent les entrées et dorment devant les portes de l’université. Ils doivent avoir maximum 22 ans, une amie m’a dit que certains d’entre eux sont des étudiants à l’université avec nous, ils rôdent autour des portes principales et devant la maison de Fouad Sinioura, ils sont sympa et n’ont montré aucune violence envers les civils, mais à voir leurs armes, on se croit vraiment dans un film ! Ils alternent leurs shifts, certains dorment maintenant et d’autres ont pris leur place. Tout est bien organisé et tout semble sous contrôle.
Les jordaniens, saoudiens et koweitiens ont été évacués par leurs ambassades, j’ai vu sur Aljazeera que les italiens aussi seront évacués mais personnellement je pense qu’on peut bien attendre quelques jours pour voir.
Nous sommes une poignée d’étudiants internationaux, les égyptiens n’ont reçu aucune instruction de leur ambassade, le tunisien non plus ! Donc faut bien qu’on s’estime heureux que notre ambassade s’est manifestée. Les iraquiens, américains et anglais sont toujours là aussi et je ne pense pas que leurs ambassades comptent faire quelque chose pour les évacuer. Je pense que ceux qui ont décidé d’évacuer leurs citoyens l’ont fait pour des raisons politiques plus que pour des raisons sécuritaires. Je pense que quand il sera temps, les services diplomatiques sauront intervenir.
Quelque chose me dit que la vie reprendra son cours normal dans quelques jours, les voitures sont à nouveau dans les rues, les super marchés commencent à ouvrir et on verra d’ici demain ce qui se passe.
Dire que ce matin je me suis réveillée sur un coup de fil d’un copain terrifié qui me dit qu’il faut rejoindre nos collègues koweitiens pour aller en Syrie, que je devais penser à ce que je vais prendre avec moi dans mon sac à dos ! Je ne me suis jamais imaginée vivre une expérience pareille, mais j’apprends énormément de choses.
Ce fut une très longue journée et je pense qu’il est temps de se reposer. Je vous tiendrai au courant des nouvelles bientôt. Merci énormément pour votre soutien, tout se passera bien !
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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 16:59

Les bâtiments de la cité sont maintenant divisés, un clan regarde dans le bâtiment qui est juste à côté de moi les chaînes Al Manar et Al Jadid et les autres regardent LBC et Al Jazeera. Cela montre que la tension monte même au sein des étudiants.

Les chars sont à deux pas de chez nous, on écoute toujours les tirs mais ça a l’air de se calmer un peu.
Les étudiants Jordaniens et Saoudiens sont restés des heures à attendre les bus qui vont les évacuer…sous le soleil !  
Jusqu’à là dans mes posts, je n’ai fait que décrire ce qui se passe, ce que j’entends et ce que je vois, mais là j’ai bien envie de parler de ce que je sens :

- Je ne suis pas terrifiée, ni stressée. Je ne panique pas, mais je suis un peu inquiète. Inquiète parce que je ne sais pas comment les choses pourront évoluer, si ce le début d’une guerre civile, c’est que je suis mal barrée ! Inquiète parce que y’a des snipers autour de l’université qui risquent de tirer sur n’importe qui.
- J’observe, beaucoup. J’observe les réactions des gens, la panique. Ce n’est pas évident de vivre ce stress, la première réaction des gens était d’acheter quoi manger ; je n’ai pas eu ce réflexe, peut être parce qu’on n’a jamais vécu une situation pareille, ou peut être parce que je comptais toujours sur mes parents pour le faire ! Bref, là j’ai appris que quand les choses vont mal, faut penser à acheter quoi manger.
- Les Libanais paniquent, mais essaient de ne rien montrer. Hier soir, un groupe dansait de la Dabka, d’autres jouaient aux cartes, jouaient de la musique. Ils refusent l’idée de la guerre, et pourtant, ceux qui dansaient sont ceux qui ont ségrégué les groupes aujourd’hui, pour que chacun écoute le discours politique qui lui plait sur la chaîne de son parti préféré.
- Les médias rapportent, mais ne rapportent pas tout ! Chaque chaîne présente la vérité de son point de vue, en ignorant les autres et en situation de guerre, c’est pas du tout funny.

Anyway, l’ambassade est où dans tout ça ? J’aimerais là vous raconter un épisode que je n’ai peut être pas rapporté sur le blog. Juste après mon arrivée à Beyrouth, je suis allée avec une autre marocaine étudiante en sciences po à l’université pour qu’on enregistre nos noms dans l’ambassade, la situation au Liban est très instable et faut bien qu’ils sachent qu’on est là ! Le mec qui nous a reçu était extrêmement froid limite insolent, on lui a dit que nous étions des étudiantes à l’université américaine de Beyrouth et qu’on est vraiment inquiètes et qu’on voudrait mettre nos noms sur la liste des marocains résidant au Liban ! Le mec nous a regardé avec mépris – dial lmokata3a- et nous a dit : où sont vos papiers, comment je vais savoir que vous êtes là pour étudier ou pour faire autre chose ? Comment je vais savoir si vous êtes mariées ou est ce que… !!!!   Bref, un mois et demi après, nous avons reçu notre résidence au Liban, donc nous sommes repartis à l’ambassade, devinez ce qu’ils ont demandé ? La carte nationale !!! Oui oui, le passeport – sur lequel il y’a le numéro de la carte nationale- et la carte nationale ! On a payé l’équivalent de 60 Dirhams et on nous a donné une carte bizarre, dite carte consulaire.
Ça fait deux jours que la marocaine qui est avec moi à l’université essaie d’appeler l’ambassade, personne ne répond. Elle a donc fait appel à Ameadest pour qu’ils les contactent. Quelques minutes après, elle a reçu un appel de l’ambassade, quelqu’un qui demande les noms des marocains qui sont à AUB et LEURS NUMÉROS de carte nationale !!! pourtant, si nos noms sont bien enregistrés et si nous avons des cartes consulaires c’est qu’ils doivent avoir nos numéros de CIN !!!!
Bref, l’ambassade ne voit pas d’indications pour nous évacuer, c’est encore tôt et ils disent que ça va se calmer bientôt !

Merci pour vos mots et votre soutien. L’épisode est à suivre !
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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 08:44

Un copain m’a appelé ce matin, sa voix tremblante ne m’a pas du tout rassurée…
Il m’a dit : ils sont à Hamra, le quartier où nous sommes, tu n’entends pas le son des tirs ?
Hier une personne a sorti sa mitraillette d’une fenêtre en face du bâtiment où j’habite et a tiré ! La situation devient vraiment sérieuse et jusqu’à maintenant, seules les ambassades du Koweït, de la Jordanie et de l’Arabie Saoudite ont réagi, nos collègues ont été transportés tôt le matin pour être évacués via la Syrie…
Après le speech de Saad Hariri hier, je m’étais rassurée un peu vu que son discours était très pacifique et il a proposé quelques solutions pour satisfaire l’opposition ; mais l’opposition a rejeté ses propos et ce fut comme un catalyseur pour les jeunes armés qui sillonnent les rues…
L’université Américaine de Beirut est située en plein quartier Hamra, qui est un quartier à majorité sunnite. J’habite personnellement dans la même rue de Fouad Sinioura qui est l’une des premières cibles de l’opposition !
Difficile de se réveiller sur le son des tirs et des bombes, j’ai vraiment du mal à réaliser que je suis là et je me sens comme paralysée parce que je ne sais pas comment m’y prendre. Mes amis égyptiens vont contacter leur ambassade, les américains et les anglais ont été contactés par les leurs et ont été priés de ne pas trop bouger et de rester calme pour le moment, ils seront probablement évacués bientôt.
L’université a fermé ses portes, chose qui est un peu alarmante vu que c’est une université qui ne ferme pas les jours de grève et continuait à bosser normalement même lors de la première guerre civile du Liban !!! Mon dieu, je viens de dire première !! J’espère que je ne suis pas entrain de vivre le début d’une deuxième…
Nos collègues Koweitiens insistent à ce qu’on sorte de ce pays le plutôt possible, mais je continue à croire et à espérer que les choses s’arrangeront mais ça malheureusement les choses empirent.
Les locaux de « Future TV » qui est la chaîne du courant du futur de Saad Hariri ont été envahis par des jeunes armés du courant Amal et puis délivrés à l’armée libanaise.
Les tirs s’intensifient, toutes les routes sont fermées et on est vraiment cloîtrés…
Je n’ai pas de portable, il n’y a pas de cartes téléphoniques qui circulent et y’a pas moyen de communiquer avec le monde extérieur ! Seul internet marche pour l’instant, mais comme il a plu des cordes hier sur Beyrouth et qu’il continue à pleuvoir, on ne sait jamais ce qui peut se passer…
Attendons et espérons…

Là j’entends les gens descendre leurs valises…tout le monde part, mais où ? personne ne sait !

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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 19:08

Nous sommes séquestrés à l’intérieur de l’université, toutes les portes sont fermées et personne ne peut sortir ! Le son des bombes et des tirs à feu est à deux rues de là où on est et vous savez quoi, je n’arrive toujours pas à réaliser que je suis au Liban !!
La vie à l’université a repris son cours normal ce matin, bien que plus de la moitié des étudiants n’aient pas pu venir en cours ! Vers 16h, tous les yeux étaient figés pour écouter le discours du leader du Hizbollah, ses propos ont déclenché plus de violence et notre cours fut interrompu par les tirs à feu qu’on écoutait à proximité de notre faculté.
De retour à la cité, nous avons décidé d’aller acheter quelques boites de conserve et du pain au cas où la situation s’aggraverait ! Tous les supermarchés du quartier étaient fermés et les rues étaient presque  toutes désertes. Heureusement qu’une petite épicerie était ouverte, elle était pleine à craquer et devinez quoi : les prix ont doublé !
La panique dans la rue est très stressante, le regard des gens, les appels téléphoniques incessants, les portes de l’université fermées si tôt et puis surtout les tensions politiques, tout ça est très inquiétant !
L’aéroport est toujours fermé, la route vers Damas est fermée. Quelques collègues koweitiens seront évacués demain par leur ambassade via la route d’Alep. L’université a mis à notre disposition un numéro de téléphone et nous a envoyé de strictes recommandations : nous sommes tenus de rester à l’université et de ne pas sortir !
Je suis dans ma chambre en ce moment, l’ambiance est très tendue, tout le monde regarde les news et s’attend au pire, j’entends encore le son des tirs, les hélicoptères survolent le ciel de Beyrouth…
L’épisode ne semble pas encore fini…On verra ce qui va se passer.

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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 22:01


C’était sensé être un jour de grève. Ayant en tête le souvenir de quelques jours de grève au CHU de Rabat, je croyais que les choses ici seront pareilles, quelques manifestations pacifiques devant des administrations sourdes, des reportages stériles à la télé et voilà tout…mais c’était pas le cas !

Je me suis réveillée assez tard et me suis préparée pour aller à mon premier cours de la journée à 14h. L’université était déserte, la fac aussi. Nous étions 4 à assister au premier cours, personne n’est venu. J’ai appris durant l’intercours que l’aéroport a été fermé et que Beyrouth était en flammes…
Le Liban qui traverse une crise politique dite « la plus grave » depuis la guerre civile - et qui est toujours sans président depuis le 24 Novembre dernier- a connu récemment une hausse des prix qui a causé un mécontentement général ! De ce fait, la confédération générale des travailleurs du Liban – qui est soutenue par l’opposition- a appelé à des manifestations dans tout le pays pour revendiquer une hausse salariale (le SMIG ici est de 300 Dollars) et protester contre la hausse des prix . Malheureusement quelques membres de l’opposition ont décidé de politiser la grève, et au lieu de protester contre la flambée des prix comme des citoyens « neutres » n’affichant aucune affiliation politique, des jeunes ont bloqué les routes et mis le feu un peu partout dans la capitale libanaise.
L’une des routes bloquée est celle de l’aéroport de Beyrouth, beaucoup de voyageurs sont séquestrés à l’aéroport, leurs familles dehors les attendant… Comment ça risque d’évoluer, aucune idée, on verra demain ce qui va se passer…
J’espère que ça va se calmer !

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