euh... pas grand chose à dire, découvrez vous même...
Le médecin est une personne habilitée à exercer la profession médicale après obtention dun diplôme sanctionnant une période déterminée détudes.
Après acquisition dun certain nombre de connaissances, le médecin est sensé rétablir, préserver et promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux, il doit respecter toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions.
Le médecin est amené à diagnostiquer, raisonner, et guérir les maux. Il a affaire à grand nombre de virus, bactéries, anti-corps ; il lutte contre plusieurs pathologies, essaie de les prévenir, de les traiter se servant de sa science et de son savoir-faire.
Mais le médecin traite avant tout des malades, des êtres loin dêtre de simples porteurs de germes.
Chaque malade est une entité à part. De cette diversité découle un comportement différent, disons, approprié ou adapté à chaque « type » de patients.
Le médecin doit savoir gérer lanxiété de certains, lindifférence des autres, et la négligence de bien dautres. Il doit faire de son malade un partenaire pour combattre la maladie, il doit gagner sa confiance et celle de sa famille. Il doit savoir transmettre les messages de la façon la plus neutre possible.
Cette attitude qui définit la relation médecin-malade, et où sentremêlent deux individus ayant deux personnalités bien distinctes, fait que le métier de médecin est loin dêtre anodin.
Toute démarche doit répondre à une éthique exemplaire, tout pas envers le malade doit échapper à la spontanéité et lanarchie, et se plier aux lois qui régissent notre métier.
De ce fait, jestime que ce thérapeute ne doit en aucun cas refléter une appartenance quelconque, quelle soit politique, idéologique ou théologique. La neutralité du praticien devrait être respectée lors du contact avec le malade, loin des conflits qui risquent dêtre inspirés par cette apparence.
Il serait très difficile à un malade recherchant une identité religieuse, de se confier à un psychiatre dont laspect prédit déjà sa position sur le sujet. Il serait également ardu à un patient de parler de sodomie, dhomosexualité, de vagabondage, ou de masturbation devant un médecin qui, de par son apparence reflète un courant qui refuse catégoriquement ces attitudes.
Certes, nous sommes dans un contexte musulman, mais cela ne nous impose pas, en tant que praticien dévoquer la morale religieuse dans notre discours.
Face à la certitude du pronostic, quand la science dit son mot et que la vie se prosterne devant limminence de Thanatos, comment devra-t-on agir ?
Dans lun des débats que jai lancé, les avis se partageait, finalement, annoncer ou pas la maladie létale doit être traité au cas par cas.
Mais quand la vie se chiffre en mois, ou en semaines doit on dire aux malades de se retourner vers Dieu, la mort frappe à vos portes ! Pensez à lau delà ?
Cette question a fait lobjet dune longue conversation que jai eue avec lun de mes collègues du stage ; pour lui, mettre un patient mourrant sur la bonne voie est un devoir. Pour moi, cela reviendrait à heurter léthique médicale ; après tout, nous devons soutenir le malade jusquau bout, lui dire la vérité, la vérité scientifique.
Pour convaincre dit-il, il serait plus judicieux de faire intervenir le discours religieux : exemple : un malade qui boit ; que vas-tu lui dire ?! Personnellement, je lui étalerai les méfaits de lalcool, les conséquences de sa consommation, à court à moyen et à long terme, je lui dirai clairement ce que la science a prouver : boire nuit à la santé.
Pour mon collègue, cette attitude est minimaliste, il faudrait peut être dire au malade, que boire nuit à la santé, et que cest aussi 7ram, et que Dieu ne tolère pas ce comportement.
Pour lui, le discours religieux a plus de poids dans notre contexte. Dans un pays où le médecin est presque vénéré (enfin ), ses paroles valent de lor, et il faut daprès lui- profiter de ce pouvoir pour orienter les malades et les mettre sur la bonne voie.
Utiliser le discours religieux en sadressant à un malade qui approche sa fin, ou qui nuit à sa vie, reviendrait pour moi à le pénétrer dans sa profonde intimité. Mon rôle se cantonne à bien prendre soin de lui, faire de mon mieux pour améliorer son état dans la mesure de mon possible, tout en gardant un esprit scientifique, rationnel, médical et éthique.
Jespère pouvoir accomplir ma mission dans ce sens, et être à la hauteur pour ne pas nuire à la santé physique ou psychique de mes patients.
Et vous, quest ce que vous en pensez ?