euh... pas grand chose à dire, découvrez vous même...
J’étais au quatrième étage de l’hôpital d’enfants de Rabat. J’attendais sagement – ça faisait plus d’une heure- un prof du service. Je faisais les cent pas devant son bureau enfoui au fin fond du couloir.
Dégoûtée, fatiguée, je pensais aux interminables heures d’attente qui me restent avant de finir ma thèse, je pensais au rapport de la dernière réunion que je n’ai pas encore préparé, je pensais au résumé de la thèse que j’ai dû refaire 50 000 fois et qui n’a toujours pas plu à mon rapporteur, quand tout à coup, quelque chose se passa.
J’ai senti la terre trembler sous mes pieds. Vide.
Je suis sortie du couloir pour essayer de comprendre ce qui s’est passé, la terre s’agita une deuxième fois. Arrivée au hall de l’étage, je vois les escaliers envahis par une énorme foule : patients, parents, infirmiers, médecins, femmes de ménage, tous couraient dans tous les sens, se bousculaient pour essayer de descendre rapidement et atteindre le rez-de-chaussée. Une autre marrée humaine est sorti du service, je me suis trouvée emballée dans la foule. Je n’avais pas le choix, je ne pouvais plus reculer, je devais suivre la masse. J’avais peur d’étouffer.
Les gens criaient, les mamans cherchaient leurs enfants, les petits pleuraient…
J’ai pensé à ma mère ? où est ce qu’elle doit être en ce moment ?
J’ai paniqué mais j’étais complètement inhibée.
Quelques minutes après, tout est rentré dans l’ordre, mais j’ai gardé en tête l’image de la masse qui emballe tout le monde. Impressionnant.