euh... pas grand chose à dire, découvrez vous même...
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Ce Samedi j’étais invitée chez une famille à Eddahiya, un quartier dont j’ai beaucoup entendu parler, située aux alentours de Beyrouth.
Au tout début, un Libanais sunnite m’a déconseillée d’y aller ; je voulais aller voir une exposition de photos qui retrace les souffrances de Beyrouth. Il m’a dit que c’était une région dangereuse et que lui, à ma place, n’y irait pas.
Ce samedi j’y étais invitée et je ne pouvais pas dire non. Comment refuser l’hospitalité d’une personne qui t’accueille dans son foyer, au sein de sa famille, pour te montrer un vrai bout du Liban. Les traces de la guerre de Juillet 2006 sont toujours là, des immeubles vides, complètement détruits sont en cours de rénovation. Le parti du Hizbollah a pris en charge toutes les familles qui ont perdu leurs bien durant la guerre et s’occupe de la réparation des dégâts de la guerre. Les appels aux dons sont collés partout.
J’y suis allée non sans appréhensions, mais toute pleine de curiosité et d’envie de découvrir une autre Beyrouth.
Après quelques minutes de route loin du quartier Hamra, changement de décor. Les rues et les avenues deviennent de plus en plus larges. À l’entrée de Eddahiya, les photos des martyrs du Hezbollah t’accueillent, plus tu avances, plus tu en vois…
Ils ont tous le même regard triste-heureux. Les murs sont parsemés de photos de Hassan Nasrallah, dit « ASSAYED ». La population semble plus nombreuse, les rues plus animées, la vie plus simple…plus de 80% des filles sont voilées à la chiite.
Les photos du leader du Hezbollah sont partout, le rouge et le blanc du drapeau libanais cèdent la place au jaune du parti.
« Ici, l’amour du « Assayed » coule dans nos veines, sans lui, nous ne valons rien » me dit la mère de mon hôte.
Ce qui a le plus attiré mon attention, ce sont des flics habillés d’une manière différente que ceux que je suis habituée à voir au centre ville et à Hamra. Quand j’ai posé la question au chauffeur de taxi, il m’a dit que ce sont des « Policiers du Parti », ils ont là pour assurer l’ordre !!
Ce ne sont pas des flics qui travaillent pour l’état libanais. J’avoue que ça m’a beaucoup choqué de noter ça, on dirait un pays à l’intérieur d’un autre pays. Ils vivent à deux rythmes parallèles. Quand j’ai demandé s’il n’y avait pas de conflits entre les deux types de flics, les « vrais » – ceux de l’état- et les « faux » – ceux qui travaillent pour le Hezbollah, j’ai eu droit à la réponse suivante :
« Dans ce bled, personne ne s’intéresse à nous –chiites- les flics de l’état ne sont jamais là pour nous, heureusement alors que nous avons Assayed, sans lui, nous serons complètement perdus »
Disons que c’était mon premier contact avec cet autre Liban, j’ai certainement beaucoup d’autres choses à découvrir…
Je ne cesse de découvrir des choses très intéressantes sur ce bout de terre dont la population ne dépasse pas les quatre millions, des fois j’ai l’impression que chacun de ces quatre millions est un Liban à part…
N.B: Vers la fin de cette semaine, le Liban doit élire un président. Pour l’instant, personne ne peut prédire ce qui pourrait se passer, la situation est assez tendue entre les partis de la majorité et l’opposition…On verra bien d’ici là ce qui va arriver…